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Budget 2027 : MaPrimeRénov’ perd 200 millions, les gestes basculent vers les CEE

Le projet de budget 2027 réduit de 200 millions d’euros la dotation de l’État à l’Agence nationale de l’habitat (Anah), qui distribue MaPrimeRénov’. Surtout, il acte la fin du parcours « par geste » de l’aide : l’isolation, les fenêtres et même les pompes à chaleur seraient financées uniquement par les certificats d’économies d’énergie (CEE). Pour les artisans du bâtiment comme pour les propriétaires, c’est un changement de guichet plus qu’une simple coupe.

En bref
– Dotation de l’Anah : 1,2 milliard d’euros prévus en 2027, contre 1,4 milliard en 2026.
– L’annexe budgétaire acte l’arrêt du parcours historique des monogestes de MaPrimeRénov’.
– En 2027, les pompes à chaleur seraient financées uniquement par les CEE.
– Rien n’est définitif : des textes réglementaires et le vote du Parlement sont encore nécessaires.

Que prévoit le budget pour l’Anah ? #

Le chiffre vient d’une annexe au projet de loi de finances publiée le 1er octobre. Selon Batiweb, la dotation de l’État à l’Anah passerait de 1,4 milliard d’euros en 2026 à 1,2 milliard en 2027. Le gouvernement n’a pas encore précisé quelle part de cette enveloppe irait à MaPrimeRénov’.

Pour mesurer l’enjeu, le budget voté de l’agence pour ses aides aux particuliers atteignait 4,4 milliards d’euros en 2026, dont 3,6 milliards pour MaPrimeRénov’, toujours d’après Batiweb.

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La justification avancée

Le document budgétaire relie cette baisse à un « recentrage de la rénovation énergétique sur la décarbonation », dans la ligne du Plan Électrification, et au financement des gestes uniquement par les CEE. L’Anah pourrait ainsi concentrer son activité sur l’accompagnement des rénovations globales.

Fin du parcours par geste : ce que ça change #

Jusqu’ici, un ménage pouvait demander MaPrimeRénov’ pour un seul type de travaux : changer une chaudière, isoler des combles, remplacer des fenêtres. D’après Effy, l’annexe budgétaire acte « l’arrêt du parcours historique consacré aux monogestes ». Ce parcours avait mobilisé près de 275 millions d’euros au premier semestre 2026.

Le même document confirme qu’en 2027, les pompes à chaleur seront « uniquement financées par les CEE ». C’est le poste le plus sensible pour les installateurs : aujourd’hui, une pompe à chaleur air/eau ouvre droit à une aide MaPrimeRénov’ de 5 000 euros pour un ménage très modeste, 4 000 euros pour un ménage modeste et 3 000 euros pour un ménage intermédiaire, selon les montants rappelés par Effy.

Les CEE prennent le relais

Les certificats d’économies d’énergie ne sont pas une aide de l’État. Ce sont les fournisseurs d’énergie qui financent des travaux, via des primes, pour remplir leurs obligations. Ils couvrent déjà la plupart des travaux isolés : isolation des murs, fenêtres, toitures. Leur coût est critiqué car les fournisseurs peuvent le répercuter sur les consommateurs, notamment sur les prix à la pompe.

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Interrogé par l’AFP et cité par Batiweb, Maxime Ledez, chercheur à l’institut I4CE, estime qu’il devient difficile d’évaluer le soutien à la rénovation du parc privé à partir du seul budget de l’État, tant la place des CEE a grandi. Selon lui, ils remplacent désormais MaPrimeRénov’ pour le soutien par geste.

Les rénovations d’ampleur deviennent la priorité #

Le cœur de MaPrimeRénov’ serait donc la rénovation globale, celle qui fait gagner plusieurs classes au diagnostic de performance énergétique, avec un audit et un accompagnateur. C’est déjà le cas depuis la réouverture du guichet en 2026, comme le rappelle la Banque des Territoires dans son point sur les textes parus cet été.

Le chercheur de l’I4CE ne s’attend pas, au vu des premières informations, à ce que la France approche dès 2027 l’objectif de « 250 000 rénovations d’ampleur » par an fixé pour 2030. La question de la réaffectation des économies faites sur les monogestes vers la rénovation globale reste ouverte.

Ce que les professionnels et les particuliers peuvent faire #

Pour les entreprises du bâtiment, la priorité est de sécuriser leurs partenariats avec les obligés CEE et de maîtriser les fiches d’opérations standardisées. Les dossiers de pompes à chaleur, en particulier, devraient passer intégralement par ce circuit à partir de 2027 si le texte est voté en l’état.

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Pour les propriétaires qui envisagent un geste isolé, les règles de 2026 continuent de s’appliquer jusqu’à la fin de l’année. Les nouvelles dispositions devront encore passer par des textes réglementaires d’ici décembre, et les parlementaires peuvent s’y opposer pendant l’examen du budget.

Questions fréquentes #

MaPrimeRénov’ disparaît-elle en 2027 ?

Non. Le projet la recentre sur les rénovations d’ampleur. C’est le parcours par geste qui serait arrêté, au profit des CEE.

Pourra-t-on encore financer une pompe à chaleur ?

Oui, mais selon l’annexe budgétaire, uniquement par les CEE en 2027, et non plus par MaPrimeRénov’.

Ces changements sont-ils déjà votés ?

Non. Le projet de loi de finances est en cours d’examen, et des textes réglementaires sont encore nécessaires avant la fin de l’année.

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